Homélie de la fête du Christ Roi: Ste Cécile, accueil des nouveaux confirmés, messe des familles

Vous le savez !  Pour la plupart d’entre nous, sur une partition musicale, il y a des signes qui semblent servir à rien.  Je pense à ce que nous appelons la clé : clé de sol, de fa, de do ou d’ut. Pourtant c’est ce petit signe posé délicatement en début de ligne qui va donner la tonalité. Ainsi dans nos existences, dans nos vies familiales, dans nos communautés chrétiennes, dans la vie associative : il nous faut une clé pour nous mettre en harmonie et vivre ensemble dans la dynamique de l’Esprit.

A chaque valeur de note, correspond un autre signe parfois difficile à interpréter : il s’agit du silence. Ainsi à la blanche, répond le demi soupir. A la ronde le soupir. Entendre le soupir. Par définition, il est silence et parfois, on l’oublierait et on l’escamote cassant la dynamique de l’interprétation.  Comment ne pas penser aux soupirs, des personnes qui souffrent, qui désespèrent et en ce jour de journée nationale du « Secours Catholique » aux silences, aux soupirs des plus fragiles et des plus démunis. Les membres de la Croix Rouge les entendent dans la nuit lors des maraudes. Ceux du secours populaire affinent leurs capacités auditives pour vivre l’écoute réelle. Les personnes engagées dans l’accompagnement des malades et des personnes âgées ou seules le savent tout autant. Ce silence fait écho au Silence du Christ sur la croix dont l’évangile d’aujourd’hui nous replaçait devant ce drame : Dieu se tait. Dieu se fait silence. Et ce silence devient Parole. Apprenons à entendre le silence, à l’écouter.

Certes ce n’est pas évident dans un monde de bruit, à l’époque des oreillettes.

Donnons droit d’entrée au silence dans nos maisons, dans nos familles. Les enfants en bas âge sont ouverts à ces expériences qui ouvrent au calme et à la paix. cinq-dix minutes de silence dans la journée permettent de mieux se dire nos soupirs, nos demi soupirs, et même nos seizièmes soupirs.  Ce silence favorise l’écoute du battement de son cœur.

Notre monde redécouvre la richesse de la méditation et se tourne aisément vers des cultures orientales.  Vous, les jeunes, qui avez reçu le Sacrement de la Confirmation, écoutez le souffle de l’Esprit à celui du vent qui par son bruissement dans les arbres, laisse échapper une mélodie de paix.  Ne délaissez pas la prière puisque Dieu se donne à rencontrer dans le silence. Votre cœur sera en paix.  Le Christ se retirait à l’écart pour prier. Il a épousé le silence pour mieux entendre les provocations des responsables religieux de son temps, les vociférations de la foule, le défi de son voisin de Croix  mais aussi l’expression de foi de l’autre.  Dans cet évangile, nous avons un magnifique tableau de l’humanité dont un pan reste verrouillé dans ses rites et ses dogmes, dont un autre pan est en rejet et un troisième livre l’aspiration intérieure de son cœur.

Le silence donne une autre dimension à nos existences.

 

 

 

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